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Aqonti

Les hommes et les femmes Aqonti, communément appelés le peuple des flaques, occupent les vastes plaines du Miroir Brisé - le Llahe, selon leur propre appellation. C’est un peuple placide, qui se satisfait des maigres ressources offertes par ce territoire humide et dont la principale préoccupation guerrière est de protéger ses villages des attaques d’animaux sauvages et autres monstres nés de la brume.   Amicaux et curieux envers leurs voisins, les Aqonti vivent aussi paisiblement qu’il est possible de le faire sur les Voileterres depuis que leur situation politique s’est stabilisée il y a un peu plus de cinquante ans.   Leur culture colorée ne peut cependant pas éclipser leur tendance à l'hermétisme et une certaine distanciation des questions qui occupent le monde extérieur, un comportement qui dissimule avec plus ou moins d’efficacité leur grande fragilité. En vérité, les Aqonti marchent sur une corde raide, bien conscients qu’une seule étincelle serait susceptible d’enflammer leur communauté toute entière.
 
Table des Matières   Aspect Physique
Dons
Population et mode de vie
♦ Implantation
♦ Biologie et santé
♦ Vie quotidienne et famille
♦ Autorité et justice
♦ Métiers
Société
♦ Histoire
♦ Politique et enjeux
♦ Diplomatie étrangère
♦ Philosophie et croyances
♦ Economie
Culture
♦ Emblème
♦ Langage
♦ Noms et Lignées
♦ Vêtements
♦ Coutumes
♦ Loisirs
♦ Habitat et architecture
   

Aspect physique

Les Aqonti sont d’abord des êtres très grands : en moyenne, un adulte mesure entre 2m et 2m30. Les plus hauts d’entre eux peuvent atteindre 2m50. Cela s’explique notamment par la longueur interminable de leurs membres inférieurs. Ces longues jambes aux muscles fins leur donnent l’allure de grands oiseaux lacustres. Les femmes auront tendance à les avoir arquées, avec un torse étroit et peu de formes, tandis que les hommes seront généralement plus larges d'épaules.
 
La pigmentation de leur peau varie d’un individu à l’autre. Les couleurs les plus communes sont les teintes bleues, vertes et mauves, mais on trouve également quelques spécimens à la peau très sombre ou au contraire très claire. Ces derniers sont considérés comme étant d’une grande beauté. Leur peau est translucide par endroits, laissant apparaître des motifs et zébrures uniques et colorés. Elle se cristallise légèrement parfois en surface, ce qui provoque un effet de brillance fragmentée à la manière d’une peau de poisson.   Parfaitement imberbes, hommes comme femmes, ils disposent d’un crâne ovoïde tout en hauteur, avec des oreilles larges et tombantes, peu mobiles. Leurs yeux sont particulièrement grands et rapprochés des tempes, ce qui leur octroie un large champ de vision panoramique. L’absence de pupille clairement visible rend leurs expressions faciales difficiles à déchiffrer, d’autant que les Aqonti n’ont pas pour habitude d'être physiquement très démonstratifs de leurs émotions.   A l'arrière de leur crâne s’implante un organe supplémentaire qui se présente comme une membrane souple et fine, armée de cartilage, appelé le shan. La forme et la taille de celui-ci varie selon la lignée de l’individu. Il est particulièrement fragile et les Aqonti en prennent grand soin. Pourtant il arrive de voir un shan mutilé, voire amputé dans quelques rares cas.
Exemple de shan commun
 
Comme la plupart des êtres vivants sur les Voileterres, la chair des Aqonti est luminescente par endroits et l’obscurité révèle ces nouveaux motifs hypnotisants une fois la nuit tombée.
 
   

Dons

Les Aqonti sont par nature d’excellents nageurs. Très à l’aise en milieu aquatique, ils sont champions de l'apnée et la morphologie de leurs yeux leur permet de voir presque parfaitement sous l’eau. Le bain quotidien est une de leurs habitudes les plus ancrées, née tant du plaisir que du besoin d’humidifier leur corps régulièrement. Si l’individu devait s’y soustraire durant trop longtemps, il verrait son épiderme sécher et sa santé se détériorer rapidement. Il faut à peu près deux semaines sans baignade pour qu’un Aqonti soit trop faible pour se déplacer, et quelques jours de plus sans humidité pour provoquer sa mort.   Le peuple des flaques jouit également d’un don collectif empathique appelé le Lien. Son intensité varie légèrement d’un individu à l’autre mais son niveau minimum permet déjà de ressentir clairement les émotions de ses semblables dans un faible rayon, et d’exprimer les siennes par le même moyen. Les Aqonti les plus charismatiques sont capables de recevoir et d'émettre pour des foules entières, ce qui fait d’eux des leaders tout désignés - bien que particulièrement sensibles et donc sujets aux désagréments qu’un tel pouvoir implique (voir les Épidémies de Colère).   Il semblerait que le shan soit le vecteur principal du Lien. On peut voir ces parures de chair s’agiter de tremblements et se dresser autour de leur tête lorsque leurs propriétaires sont particulièrement concentrés sur leur don. Les personnes amputées de leur shan se voient ainsi également privées d’une grande partie des effets du Lien, ce qui fait d’elles des individus très solitaires, si ce n’est des parias.   L’aspect à double sens du Lien ne fonctionne que pour les Aqonti eux-mêmes. Ils sont par ailleurs capables de ressentir cette empathie chez d’autres races intelligentes, et même chez certains animaux ou plantes pour les plus sensibles d’entre eux, mais sans pouvoir rien transmettre en retour - et toujours dans une moindre mesure.
 

Population et mode de vie

 

Implantation

Il existe une seule ville de taille conséquente sur le Llahe], et elle peut être considérée comme la capitale du peuple Aqonti puisqu’elle héberge le siège de l’Unisson ainsi que le quartier général des principales organisations : la cité blanche d'Alprra.   Située près des frontières avec les peuples voisins, elle s'érige sur une île au centre du Shelem, le plus grand lac qui figure également les limites occidentales du territoire. Il s’agit de l’un des rares endroits à l’abri des inondations et des bancs de brumes dangereuses, ce qui explique la valeur sédentaire de son implantation. Elle fut reconstruite il y a cinquante-deux ans, à l’issue de la dernière Épidémie de Colère.   Le reste de la population est dispersé dans des villages de bien moindre envergure et autres petites agglomérations aux habitations éphémères. En effet, la vie sur les plaines du Llahe requiert des Aqonti un semi-nomadisme au gré des déplacements de l’eau sur leur terre sans relief. Cette migration perpétuelle les encourage à partager les lieux de vie et à ne pas se charger de possessions trop encombrantes, ce qui en fait un peuple globalement simple et généreux.   Ces groupes mobiles qui regroupent plusieurs lignées se déplacent et travaillent ensemble. On les appelle les dams. Chaque dam a un tracé spécifique qu’il parcourt en boucles cycliques, avec à chaque fois les mêmes étapes où sont construites des habitations semi-permanentes. Certaines de ces étapes sont partagées entre plusieurs dams, ces réunions régulières donnent lieu à de cordiales célébrations. Elles sont aussi propices aux rencontres. Il n’est pas rare qu’une famille quitte son dam pour en rejoindre un autre, a cause de mésententes parfois mais le plus souvent pour des raisons de ressources.   Certains événements majeurs, ou tout simplement l'évolution de l’environnement, peuvent faire changer à un dam son tracé. Les plus petits sont constitués d’une trentaine d’individus, et les plus gros peuvent atteindre les quelques deux cents âmes.

Biologie et Santé

Du fait de la présence sur leur territoire d’un certain nombre de brumes médicinales, les Aqonti ont une espérance de vie parmi les plus longues des peuples actuellement recensés sur les Voileterres : 75 ans. La seule exception à cette règle est la Dana.   A force de marcher depuis depuis des générations dans les flaques d’Indolente, ils y sont immunisés naturellement, à peu près jusqu'à mi-cuisses. Le reste de leur corps y réagit, cependant moins fortement que les étrangers.   Le mode de reproduction est semblable à celui des humains. La maturité sexuelle est atteinte entre 15 et 20 ans.
 

Vie quotidienne et famille

La présence du Lien contraint les Aqonti à une certaine transparence vis à vis de leurs ressentis les uns envers les autres, et ce au quotidien. Leurs relations sont donc généralement dictées par la sincérité. Les couples sont durables, mais sans notion de fidélité. En effet, les Aqonti appliquent une distinction très nette entre l’amour et le plaisir. Ainsi il est tout à fait acceptable dans leur société de jouir de conquêtes éphémères tout en maintenant une relation stable et féconde avec l'élu(e) de son coeur. Les relations homosexuelles sont relativement fréquentes dans le premier cas de figure, un peu moins dans le second. Ils ne subissent aucune sorte de pression sociale négative, l'authenticité des sentiments étant manifeste via le Lien, il ne viendrait à l’esprit de personne de les remettre en question. Les couples durables du même sexe sont souvent désignés pour recueillir les enfants trouvés ou privés de leurs parents pour une raison ou une autre. De plus, les Aqonti ne souffrent d’aucune inhibition concernant l’expression verbale de leurs sentiments, et il leur paraîtra normal de les affirmer très simplement et sans s'embarrasser de pudeur. Cela a tendance à rendre particulièrement perplexes les étrangers, qui évoqueront “le franc-parler des flaqueux”.   Les enfants sont considérés comme tels durant leur première décennie, puis on commence progressivement à leur confier des responsabilités et à les guider sur la voie de ce qui deviendra par la suite leur occupation principale. On se base pour cela sur leurs aptitudes naturelles, que l’on aura pris soin d’observer tout au long de leur croissance.   Il n’existe pas de classe privilégiée dans la société Aqonti, bien qu’elle ne soit pas exempte de disparités minimes. Celles-ci s’expriment notamment dans la différence du mode de vie citadin avec celui des dams parcourant le Llahe au gré des crues. Il est cependant admis que les habitants d’Alprra ont à leur charge de s’occuper des individus trop vieux ou trop malades pour se déplacer régulièrement, et que “les dameux” sont ceux qui font réellement fonctionner ce système en nourrissant et protégeant le peuple des flaques. Dans cette optique, la cité blanche est perçue comme un havre, une zone sécurisée et paisible dans laquelle on ne s’attarde pas sans une bonne raison à cause du manque de place.
 

Autorité et justice

L'autorité sur le Llahe est incarnée par un conseil de membres de la société choisis par leurs pairs - l’Unisson, en général des individus dont le don du Lien est particulièrement puissant. On les appelle les Voix, et chacun se fait le porte-parole de tout un groupe de la population. Ils sont généralement élus à vie, ou du moins jusqu'à ce que l'âge ne devienne un problème, mais il est possible pour le groupe concerné de procéder à une nouvelle désignation si leur représentant ne leur convient plus. En cas de désaccord rémanent au sein d’un même groupe, celui-ci se scinde tout naturellement et chacun peut alors proposer sa propre Voix. Plus les gens qu’elle représente sont nombreux, plus la Voix a du poids lors des prises de décision.
 
Prêtresse en parure cérémonielle
Voici la composition actuelle de l’Unisson, par ordre d’influence décroissant :  
  • > Voix des Dams : Darame’o du Sel
  • > Voix d’Alprra : Sharapontinel de l’Onde
  • > Voix de l’Est : Kaludin’ des Gresilles
  • > Voix des Bienheureux : Colsantori des Pluies
  • > Voix des Vigilants : Madus’’tinder’mal de la Suie
  • > Voix des Frontaliers : Balgrolanfinsofa des Cordes
  • > Voix des Morts : la Dana
 
La voix des Morts est un poste spécial car sacré, il est occupé par la Dana depuis presque trois cent ans.   L’Unisson se rassemble officiellement tous les mois pour statuer des questions politiques du peuple Aqonti. Il siège au sommet de la cité blanche dans un vaste amphithéâtre qui peut accueillir des centaines de spectateurs. Tout citoyen Aqonti a le droit d’y assister, à la seule condition de faire preuve du silence le plus total, car nul n’est autorisé à interrompre une Voix lors de ces sessions. Les Vigilants veillent à ce que cette règle soit scrupuleusement respectée et tout contrevenant sera escorté manu militari à l'extérieur.   Ce conseil traite également les questions de justice, principalement pour la raison qu’il y en a peu. En effet, la présence du Lien qui garantit l’harmonie entre membres de l'espèce, il est presque inconcevable de briser cette confiance cristallisée. Toutes les Épidémies de Colère étant nées d’un meurtre, ceux-ci sont quasiment inexistants en temps de paix car c’est la première leçon que l’on inculque aux enfants. Les rares individus qui présentent des caractères violents ou instables sont encouragés à quitter le Llahe pour vivre chez les voisins, ou même bannis dans les brumes pour les cas les plus graves. Un repenti peut se voir offrir une place dans l'unité Shansu. Pour garantir la quiétude de son pays, l’Unisson peut se montrer cruel.
 

Métiers

L'activité la plus répandue sur le Llahe est l’agriculture. Les fermiers font pousser le gaqo et le hroli qui s'épanouissent dans les champs semi-inondés et qui constituent la base de l’alimentation Aqonti. Ils prennent également soin de ramasser les nyams, fruits du frêle mananyam, avant que celui-ci ne soit balayé par la prochaine crue.   Les éleveurs sont aussi légion. On s’occupe de larges troupeaux des dociles sensens dont on consomme la chair rose et fade. Il y a également des élevages de shenus et de diverses espèces de doppogams. Ceux-ci sont moins répandus car demandant plus de travail, ce qui en fait un met plus cher et recherché - d’autant que leur viande est notablement plus goutue.   On élève aussi le kappu, mais pas pour le manger. Ce grand oiseau, une fois dressé, constitue une monture de choix pour les Vigilants, les voyageurs et les marchands qui parcourent le Miroir Brisé pour distribuer les récoltes. Le doppogams fait également office de monture de bât lorsque s’organisent ces longs convois colorés et cernés de combattants aux aguets qui convergent vers la cité blanche.   De manière générale, tous ceux qui vivent sur le Llahe passent leur temps à se déplacer, tant pour échapper aux brumes mouvantes et capricieuses que pour suivre le cycle de l’eau qui dicte le renouvellement de leur environnement.
 
Les Vigilants constituent la milice officielle Aqonti. Sélectionnés en général peu après le Nunuum, les jeunes qui présentent des dispositions adaptées au métier suivent une formation martiale, d’abord dans le quartier général à Alprra puis dans l’un des avant-postes Vigilants dispersés sur le Llahe. Leurs missions se portent davantage sur le contrôle aux frontières et la protection des dams des plaines face à la faune dangereuse qu’au maintien de l’ordre au sein de la société - qui en a fort peu besoin. Cette dernière tâche incombe à l'unité spéciale des Shansu, des combattants au shan amputé qui ont pour mission de localiser rapidement les foyers naissants de Colère afin d'étouffer les Épidémies dans l’oeuf.   Parmi les travailleurs des flaques, on note aussi le dangereux corps de métier des récolteurs de brumes. Ceux-ci ont installé des grandes voiles Aqonti un peu partout sur les plaines, notamment aux endroits à risque, et s’occupent de leur entretien ainsi que de la récupération des brumes qui s’y condensent. Le liquide ainsi obtenu s’embouteille et se vend aux Bienheureux. A l’export, ces ressources sont très recherchées - notamment l’Indolente - et constituent l’un des attraits principaux du Llahe aux yeux de ses voisins.   Alprra concentre un certain nombre d'activités liées à la vie citadine, réputées bien moins dangereuses que les autres. On trouve un certain nombres d’auberges et autres lieux d’accueil, les grandes manufactures semi-ouvertes où travaillent les artisans et les temples de soin occupés par les Bienheureux. Les niveaux inférieurs de la cité sont en grande partie des quais qui s’avancent sur le Shelem comme les branches d’une étoile, tandis que sur la multitude de petites embarcations travaillent les pêcheurs.
Vigilante
 
les Bienheureux cumulent les rôles de prêtres, de médecins et d’alchimistes. Ils sont les seuls habilités à manipuler les fioles de brume pure qui leur proviennent des récolteurs afin de les raffiner puis de les utiliser ou les distribuer à la population. Leur système est sensiblement similaire à celui des Vigilants : une sélection précoce de leurs futurs membres suivie d’une formation en ville. La plupart y demeure d’ailleurs, mais les plus robustes d’entre eux sont envoyés sur le Llahe afin de porter assistance aux dams. Un dam n’est viable que si il a au moins un Bienheureux avec lui, mais en général ceux-ci sont au moins deux ou trois. Ils sont considérés comme les porteurs de la connaissance Aqonti, sages et charismatiques. La puissance de leur don de Lien est souvent parmi les plus conséquentes du groupe - car il s’agit d’un critère de recrutement. L'autorité religieuse s’assure aussi par la présence de ces agents que les Préceptes sont bien respectés par la population.   Les Voix se déplacent très rarement hors d’Alprra. Chacune d’elles dispose d’un important réseau de voyageurs messagers qui sillonnent les plaines tant pour recueillir les doléances du peuple et prendre la température que pour transmettre les informations en provenance de la cité blanche - notamment le compte-rendu des réunions de l’Unisson. On les appelle les Colporteurs. Juchés sur les kappus les plus robustes et rapides, on les reconnaît à leur couvre-chef unique et leur arrivée dans un campement est toujours un événement. Ils sont de manière générale accueillis avec faste car ils constituent la manifestation physique et longue portée du Lien en maintenant l'unité des Aqonti par l’information et le dialogue.   Lorsqu’un Oggodon, ces immenses créatures qui survolent parfois le Llahe, vient à s’échouer dans les flaques, tous les dams de la région se ruent sur la carcasse pour en extraire les ressources les plus précieuses avant que l’arrivée des gros prédateurs ne rende ce travail impossible. Dans ces moments, chacun abandonne momentanément toute activité pour venir prêter main forte. Cet événement s’appelle la Grande Fauche.   Enfin, les explorateurs sont une caste à part. Parmi les plus intrépides et les plus curieux du peuple Aqonti, ces quelques héros ont pour vocation la découverte des terres interdites par la brume, et la résolution des mystères qui entourent l’Eveil. C’est une profession communes à tous les peuples connus, mais ils sont particulièrement peu nombreux chez les Aqonti. Cela s’explique du fait du naturel peu investigateur de leurs semblables, qui estiment qu’ils ont déjà la plupart des réponses. De fait, les explorateurs sont considérés comme des originaux, des personnalités atypiques qui, finalement, sont mieux loin de la ville et loin des dams, ou ils menacent l’harmonie sociale. En général, les parents n'encouragent pas un enfant à suivre cette voie, et l’adopter tout de même peut être perçu comme un désaveu des coutumes Aqonti - jamais de façon dramatique cependant.   Solitaires ou en petits groupes, les explorateurs voyagent beaucoup et n'hésitent pas à faire équipe avec des explorateurs étrangers pour repousser les frontières de la terra incognita. Ils constituent la ligne de front en ce qui concerne les renseignements sur l'état des brumes épaisses qui ceignent les pays connus, et les Vigilants sont particulièrement friands de leurs rapports. Ils font remonter ces précieuses informations à Madus’’tinder’mal de la Suie, leur Voix, qui se charge ensuite de les transmettre à ses homologues lors des réunions de l’Unisson afin qu’elles profitent à tous.
 

Société

Histoire

Il y a 386 ans, l’Eveil trouva les Aqonti perdus et hagards, errants sur le Miroir Brisé comme des fantômes au milieu des cadavres de leurs semblables. Il n’y avait alors pas de village ni de dam, et Alprra n'était qu’un petit hameau en ruine au milieu du Shelem. Comme toutes les races intelligentes recensées dans le Refuge, aucun d’entre eux n’avait le moindre souvenir de sa vie passée. Le Lien, cependant, était présent, et les survivants se rassemblèrent pour panser leurs blessures tous ensemble et tenter de comprendre.   Ils trouvèrent les premières réponses dans la boue. Ces objets et babioles, ces maisons éventrées faites d’os et de paille, ces bannières déchirées… En tout cela, ils se reconnurent et forgèrent sur ces restes de culture leur nouvelle société. Cet instinct étrange qu’on appelle la Rémanence les contraignit au Llahe, où ils se sentaient chez eux, à l’aise malgré les conditions difficiles de l’endroit. Ils bâtirent sur le Shelem les prémices de la belle cité blanche et apprivoisèrent lentement leurs terres miroitantes.   La première Épidémie de Colère eut lieu seulement six ans après l’Eveil, alors que deux familles convoitant le même troupeau commirent l'irréparable en s'entretuant dans un accès de folie. Amplifiée par le Lien, la rage grandit et se répandit comme une traînée de poudre à travers tout le Llahe dans ce qui devint bientôt une guerre sanglante entre deux factions. Très vite, tous avaient oublié la raison de leur querelle, mais la colère était devenue comme une drogue, un besoin de violence qu’il fallait satisfaire. Elle dura presque un an, et manqua de peu d’éteindre complètement le peuple Aqonti.   Une voix s'éleva par-dessus toutes les autres. Elle clamait l’amour de l’autre, le pardon et la paix. C'était celle d’un jeune homme appelé Maru, il n’avait pas l’air d’avoir plus de quinze ans et pourtant la puissance de son don du Lien était inégalable. Son message d’apaisement fit l’effet d’une vague bienfaitrice qui calma l'épidémie en à peine quatre jours. On lui donna le nom de Maru’ de l’Harmonie et il devint la première Voix. D’autres Voix furent désignées dans les années suivantes au fur et à mesure que les groupes sociaux s’affirmaient au sein du peuple Aqonti et c’est ainsi que fut fondé l’Unisson.   Cette première guerre avait profondément secoué et effrayé les Aqonti. Les Bienheureux virent le jour sous la houlette de leur héros, Maru’ lui-même. On édicta les Préceptes et on fit en sorte de conserver la mémoire de ce qui était arrivé pour que plus jamais on ne subisse pareille tragédie. C'était hélas un voeu pieux.
 
La Dana
La Dana
La génération de Maru’ de l’Harmonie s'éteignit, émergea alors un nouveau prodige : Danaka’rinel du Foyer, une femme d'âge mûr qui n’avait pas pris la moindre ride depuis l’Eveil. Elle avait survécu à l’Épidémie de Colère et ne faisait preuve d’aucune capacité particulièrement remarquable, pourtant personne ne pouvait expliquer cette incroyable longévité. Les Bienheureux, en mal de figure sacrée depuis la mort de leur fondateur, la défièrent et la portèrent jusqu'à l’Unisson, où elle devint la Voix des Morts. Le temps leur donna raison, puisque la Dana vit toujours aujourd’hui.   Il y eut d’autres épidémies, mais aucune aussi meurtrière que la première. Les Vigilants mirent en place une unité spéciale de combattants au shan coupé, les Shansu, pour lutter contre cette menace et restreindre les foyers d’infection à certains villages. Une fois la quarantaine établie, les Shansu, quasiment insensibles aux effets du Lien, n’avaient plus qu'à droguer les individus concernés avant de les confier aux soins empressés des Bienheureux. Plusieurs épidémies furent ainsi évitées.   Le peuple Aqonti prit ainsi ses marques et, génération après génération, refleurit d’une culture riche et d’une population stable, bien ancrée dans sa routine sociale. La dernière Épidémie de Colère date désormais d’il y a cinquante ans, et seuls les plus vénérables en ont encore quelques vagues souvenirs. Mais si la plupart se réjouissent de cette durable quiétude, certains moins dupes craignent que l’oubli ne mène à de nouvelles erreurs.
 

Politique et enjeux

L'écart se creuse de plus en plus entre les citadins d’Alprra et les travailleurs sur le Llahe, surtout parmi les dams les plus à l’Est. La Voix de ces derniers, Kaludin’ des Gresilles, s’oppose toujours plus vivement aux propositions de conciliation et d’alliances avec les nations voisines, prônant un repli Aqonti qu’il juge absolument nécessaire. Le niveau de vie semble se détériorer de façon dramatique, si loin de la cité blanche, et les dams de l’Est sont de plus en plus isolés du reste de leurs semblables. Ce sont également les plus pieux de tout le Miroir Brisé, on raconte même que certains dams se dirigeraient vers un fanatisme dangereux. La présence chez eux de l’immense Ruine du Ma’aleh ne doit pas arranger les choses.   Cela étant, s’enfoncer vers l’Est peut s'avérer de plus en plus difficile et périlleux pour un étranger. Ses rencontres avec la population locale seront désagréables au mieux, sinon ouvertement hostiles. Les avant-poste Vigilants déplorent la disparition de plusieurs de ces explorateurs venus des contrées voisines, mais préfèrent pour l’instant blâmer la faune locale, particulièrement plus féroce qu’à l’Ouest, afin de ne pas mettre le feu aux poudres. On discute cependant dans les hautes sphères de peut-être bientôt interdire ces incursions, afin d'éviter d’autres accidents. Dans leurs campements cachés, les Shansu veillent.   Une autre discorde latente agite périodiquement les affaires Aqonti, celle qui oppose les Préceptes des Bienheureux avec le pragmatisme nécessaire des Vigilants. Le principal point de désaccord concerne directement les explorateurs et leur curiosité que les prêtres trouvent dérangeante. L’argument officiel est que ces questions posées sont dangereuses pour l’harmonie, et qu’en l’absence de preuves et de réelle avancée significative dans la révélation du grand mystère, il vaudrait mieux les taire au reste de la population. Officieusement, les percées des explorateurs mettent surtout souvent à mal le bien fondé des Préceptes.
  Voici les positions politiques des Voix de l’Unisson :  
  • > Voix des Dams : Stagnation, indécision, populaire. Ils auront tendance à prôner l’immobilisme et la tolérance, ainsi que le respect des traditions. C’est pour l’instant cette position qui obtient gain de cause le plus souvent.
  • > Voix d’Alprra : Ouverture au reste du monde, progressisme, remise en question des vieilles pratiques. La Cité Blanche est résolument tournée vers l'extérieur, parfois au détriment des populations orientales. En désaccord avec celles-ci.
  • > Voix de l’Est : Rejet des étrangers, religion, retour aux réalités de la terre. Il s’agit du groupe le plus virulent, porté par quelques extrémistes et par la peur permanente de cet environnement qui les écrase au quotidien et que seuls les Préceptes peuvent expliquer.
  • > Voix des Bienheureux : Conservation, religion, harmonie. Ils sont profondément concernés par la paix physique et spirituelle de leur peuple, et pensent que la clef de cette harmonie réside dans le respect de leurs Préceptes. Ils privilégieront toujours la masse à l’individu.
  • > Voix des Vigilants : Curiosité, droiture, protection. Leur priorité est la survie de leur espèce, et ce sont sans doute les plus réalistes du lot a ce sujet. Ils estiment avoir besoin de réponses sur les Voileterres, afin de pouvoir garantir au mieux la sécurité d’une population menacée par des dangers toujours plus redoutables.
  • > Voix des Frontaliers : Ouverture au reste du monde, profit, indépendance. Ayant tendance à l’opportunisme, ils appuieront tantôt Alprra tantôt les Vigilants selon le débat. Leur position minoritaire ne leur permet pas d’avoir beaucoup plus de poids.
  • > Voix des Morts : La Dana est difficile à cerner, surtout politiquement. Elle s’exprime peu, et préférera relater un de ses souvenirs plutôt que prendre ouvertement position. Ses interventions sont le plus souvent surprenantes et imprévisibles. Sa présence est de toute façon plus symbolique que véritablement pratique.
 

Diplomatie étrangère

Les étrangers sont bienvenus à Alprra, notamment les marchands dont on apprécie la marchandise exotique. Un certain nombre de lieux d’accueil leur sont d’ailleurs réservés. On est cependant plus réticent à les laisser s’enfoncer trop à l’Est, où les moeurs ouvertes de la cité blanche peinent à s’exporter - voir chapitre précédent.   Les étrangers turbulents sont gracieusement raccompagnés à la frontière. En cas de trouble majeur provoqué par un extérieur, il sera également remis à l'autorité de son pays sans avoir à souffrir la justice de l’Unisson. Il ne faudrait surtout pas provoquer un incident diplomatique.   Les Aqonti entretiennent des relations cordiales avec leurs voisins tout en s'efforçant de se tenir à l'écart de leurs affaires. Le Peuple des flaques est d’une prudence remarquable à ce sujet, refusant catégoriquement toute implication qu’elle soit matérielle ou guerrière dans les conflits qui agitent les autres nations du Refuge. Ils ont donc l’image de cette peuplade neutre et en retrait, que le Lien rend difficilement pénétrable, et ca ne les dérange pas de passer pour passifs ou naïfs car c’est le prix à payer pour qu’on les laisse tranquilles.
 

Philosophie et Croyances

Rien n’est plus important pour les Aqonti que de maintenir l’Harmonie, afin de se préserver des Épidémies de Colère. Cela se traduit par une affabilité placide en toutes circonstances. Adopter un comportement violent, vexant, ou même impoli, est considéré comme extrêmement dangereux, et donc à éviter absolument. On cherchera toujours à se montrer conciliant et accueillant. Avoir un mot plus haut que l’autre est aussi inconvenant que de s’exhiber nu. Ces moeurs en vigueur depuis plus de trois siècles sont profondément ancrées dans la culture Aqonti si bien qu’elles sont aujourd’hui partie intégrante de leur personnalité.   Il n’y a pas de notion de possession durable. Un Aqonti n’aura aucun mal à se défaire d’un bien pour en faire cadeau à l’un de ses semblables si ce dernier en manifeste le désir. Les richesses sont globalement partagées, surtout au sein d’un dam. Cette habitude est un peu plus délicate à observer à Alprra, mais la philosophie demeure tout de même présente. Le vol étant inconcevable, la criminalité un étrange mirage, la majorité des habitations ne sont jamais fermées et il n’existe pas de quartier plus dangereux qu’un autre. Les étrangers en séjour dans la Cité Blanche sont priés d’observer cette même vertu, sous peine d’en être expulsés sans sommation. Les Vigilants sont particulièrement attentifs au comportement de ces derniers et ne laissent pas passer le moindre écart. Et gare à celui qui chercherait à se faufiler entre les mailles du filet : difficile d’être un menteur dans une ville où le moindre passant peut lire en vous pour peu qu’il ait le shan sensible.   C’est sur cette base que les Bienheureux ont écrit leurs fameux Préceptes. En formalisant cette attitude typique dans un écrin religieux, les prêtres en ont fait un mantra immuable que les enfants apprennent dès leur plus jeune âge et qui façonne la spiritualité de tout Aqonti élevé sur le le Llahe. Les Frontaliers sont les seuls à progressivement s’en éloigner, ce qui a tendance à inquiéter l’autorité du Grand Temple.   Les Préceptes font également mention des ruines, et notamment de la Ruine du Ma’aleh, cette immense construction Ancienne qui s’érige à l’Est du Miroir Brisé. Si des bancs d’une brume particulièrement féroce en condamnent généralement l’accès, toute curiosité à l’égard de ce lieu perdu est d’autant plus douchée par l'interdiction formelle d’en approcher contenue dans les dictats Bienheureux. On y mentionne cet endroit comme un foyer de perdition, prédisant la mort ou la folie de tout Aqonti qui s’y risquerait. C’est la peur qui motive assurément un tel positionnement : trop d’hommes et de femmes y ont déjà laissé leur vie, et les récits en provenance de l’extérieur à propos de ruines similaires découvertes sur les autres territoires ne font rien pour l’apaiser.   Seuls quelques explorateurs particulièrement braves - ou fous - regardent encore le Ma’aleh comme une promesse de trésors ou de réponses. Ceux là savent pourtant que sans un équipement de pointe et de nouvelles protections d’une efficacité sans précédent, toute incursion est vouée à l’échec.
 

Economie

L’économie Aqonti est principalement basée sur le troc. On ne cherchera pas forcément à s’enrichir, simplement à subsister le plus confortablement possible, en évitant de léser qui que ce soit. Pour des raisons de commodité, il existe cependant une monnaie, le til. Il s’agit d’un coquillage conique aux couleurs irisées, très rare car massivement récolté au cours des siècles. Désormais, seuls les meilleurs nageurs sont capables de plonger assez profond dans le Shelem pour en trouver.   Les Aqonti sont la seule nation du Refuge à ne pas utiliser les pièces de métaux précieux, considérées comme la monnaie commune des peuples recensés. Cela constitue une difficulté supplémentaire pour les marchands étrangers qui voyagent jusqu’à la cité blanche.   La principale richesse sur le le Llahe est l’Indolente. Si les Aqonti s’en réservent une partie, ils échangent volontiers le surplus avec leurs voisins, contre d’autres brumes distillées la plupart du temps. Du reste, il n’y a pas grand chose sur le Miroir Brisé qui puisse attiser la convoitise des extérieurs, ce qui conforte les “flaqueux” dans leur autarcie tranquille et appréciée.   Le principal problème rencontré est cependant lié au métal. En effet, les seuls gisements disponibles sur leur territoire se trouvant à la frontière Ouest, il est très délicat d’approvisionner les dams de l’Est. Ces mines sont exploitées par les Frontaliers et assurent leur renommée. Certains marchands ont fait de leur spécialité l’acheminement de cette ressource vers l’autre extrémité du Llahe, mais le voyage est long et dangereux.
 

CULTURE

 

Emblème

Le symbole Aqonti est un cercle traversé par de nombreux rayons qui se croisent en son centre. Le nombre précis de ces rayons importe peu. On le trouve peint ou tissé sur des étoffes faisant office de bannières ou de drapeaux, notamment à Alprra. Il arrive que des représentants de certaines factions telles que les Vigilants ou les Bienheureux l’arborent ostensiblement afin d’appuyer sur le caractère officiel d’une mission.   Au quotidien, l’emblème peut être gravé ou inscrit sur des objets, des habitations ou des parures… Il représente la fierté Aqonti et l’amour porté à ses semblables.
 

Langage

Le dialecte Aqonti est un chant verbal particulièrement fluide et doté de sonorités mélodieuses, rythmées par différentes sortes de claquements de langue - ou clic. Certains étrangers l’ont comparé au clapotis d’un ruisseau. Il s’appelle l'aqontil, et tous les membres de ce peuple savent le parler.   La plupart d’entre eux maîtrise également le langage commun, bien qu’on trouve de plus en plus de personnes incapables de l'utiliser au fur et à mesure qu’on s’enfonce à l’Est, dans le coeur du Miroir Brisé.   Il est possible pour les étrangers d’apprendre l’Aqontil. Si le comprendre ne devrait pas être insurmontable, le parler en revanche demande de saisir une subtilité très particulière liée au rythme. Sans l’aide du Lien, il peut etre tres difficile de se faire ainsi entendre.
 

Noms et lignées

Les enfants sont nommés d’une seule syllabe à leur naissance, et gagnent une autre syllabe à chaque décennie, octroyée par leurs parents puis par leur mentor. Cela donne des prénoms aux sonorités aléatoires et parfois difficilement prononçables, mais permet également d’avoir une idée approximative de l’âge des individus avec cette seule information.   Il est possible d’ajouter au prénom une apostrophe si la personne a vécu un événement marquant durant la période de temps concernée. Elle se traduit par un claquement de langue en aqontil. Cela peut appeler à une tragédie comme à un exploit… Dans tous les cas, ce claquement indique à coup sûr que cet individu a une histoire intéressante à raconter.   En ce qui concerne les noms de famille, ils font appel à la lignée. Celles-ci sont nombreuses et associées à un endroit ou à un élément de la vie quotidienne. Par exemple : des Berges, du Sable, du Souffle, de la Chasse… Elles n’ont de valeur que celle de l’information sur la filiation, la notion d'héritage matériel étant inconnue aux Aqonti. Il n’existe donc pas de dynasties familiales et de luttes d’influence de ce genre.   Les lignées se distinguent les unes des autres par des caractéristiques physiques ou des capacités particulières. Cela peut être une teinte de peau spéciale, un motif cutané reconnaissable, la forme du shan, la taille… mais aussi la force du Lien ou le développement d’instincts utiles. Il est très mal vu de s’unir avec une personne de la même lignée que la sienne, cela représente un acte d’un grand égoïsme dans la culture Aqonti.   Le père et la mère d’un enfant gardent toute leur vie leur nom de lignée personnelle, et ce dernier adopte celui de son parent dont il a acquis le plus de caractéristiques. Ainsi les enfants d’une même fratrie peuvent porter des noms de lignée différents. On attend en général la deuxième syllabe pour le leur attribuer. Cela donne lieu à une célébration joyeuse à laquelle assistent les membres de la famille et leurs amis. Il s’agit d’accompagner le jeune dans le deuil de son enfance et son entrée véritable dans la société Aqonti. On appelle cela le Nunuum.   Prononcer le nom complet de la personne est une marque de respect élémentaire. Seule la mention de la lignée peut être éclipsée entre proches. Utiliser des surnoms diminutifs est considéré, en toute logique, comme extrêmement infantilisant. Plus le surnom est court, plus l’insulte est grande. Appeler un Aqonti par la première syllabe de son prénom alors qu’il a fêté son Nunuum revient à le traiter de moins que rien. La seule exception à cette règle est de toute évidence la Dana.
 

Vêtements

Sur le Miroir Brisé, l’étoffe se tisse à partir des fibres d’un certain type d’algue. Selon la méthode employée, on peut obtenir un tissu épais et rêche qui protège efficacement, ou bien un matériau fin et fluide utilisé pour les grandes occasions. On emploie ensuite en tant que teinture diverses concoctions à base de plantes ou d’insectes.   Les Aqonti recyclent également beaucoup des matériaux trouvés dans leur environnement afin de se confectionner des accessoires et autres bijoux, voire pièces d’armure.   La mode vestimentaire est aux longs voiles de couleurs vives, apprêtés simplement avec des noeuds ou des ceintures. Ceux qui sont susceptibles de se battre préfèreront le cuir, qu’ils travaillent en harnais légers. La peau du doppogam, longuement traitée, devient souple, élastique et très fine. Les Vigilants en sont particulièrement friands, car elle permet de confectionner à moindre coût des combinaisons légères qui les laissent parfaitement libres de leurs mouvements.   Les explorateurs en auraient également testé les limites vis à vis de la brume, mais les seuls résultats concluants n’ont été atteints qu’en traitant la peau avec de l’alchimie étrangère.   Sur les Voileterres, l’alchimie à base de brumes distillées permet bien des choses et notamment l’amélioration des vêtements. Une pièce d’équipement peut acquérir de nouvelles propriétés, comme celle de peser moins lourd, ou de repousser certains types d’animaux. Hélas, l’accès à cette technologie est réservée à ceux qui peuvent se le permettre et aux voyageurs qui ne craignent pas de quitter le Llahe.
Aqonti Explorer
Exploratrice
 

Coutumes

La culture Aqonti traditionnelle est principalement orale, mais l’écriture a commencé à se démocratiser depuis la fin de la dernière Épidémie de Colère il y a une cinquantaine d’années. C’est bien sûr Alprra qui est la plus concernée, avec l’utilisation de plus en fréquente de rouleaux de papier et même de livres reliés, surtout en ce qui concerne l’alchimie. En dehors de la capitale néanmoins, ces objets restent rares et précieux. Certains Aqonti n’apprennent même jamais à lire.   Ainsi la veillée qui rassemble les dams le soir et où chacun peut raconter une histoire ou une légende, souvent rabâchée et déformée au cours du temps, constitue le principal moyen utilisé par les Aqonti pour transmettre leur histoire aux jeunes générations et les éduquer sur leur environnement. Le folklore est riche et toujours teinté par les Préceptes, sous l’oreille attentive des Bienheureux.   On a pris l’habitude sur le Llahe de procéder à des scarifications faciales discrètes afin de se marquer d’un souvenir ou d’une vertu particulière - un peu à la manière d’un tatouage. Il est interdit d’y prétendre avant le Nunuum. Il s’agit la plupart du temps de traits droits ou de petits motifs gravés délicatement sur les joues ou sur le front.
 

Loisirs

Si la vie dans les flaques est loin d’être facile et opulente, n’en reste pas moins que les Aqonti ont leurs moments d’amusement et fêtes. La plus populaire est la Kan’kama, une grande fête qui se tient tous les deux ans sur la rive Est du Shelem et qui rassemble à chaque fois une grande partie des habitants du Llahe. Elle s’étale sur plusieurs jours et donne l’occasion à bon nombre de spectacles, de compétitions sportives et d’unions. On y célèbre la paix et l’Harmonie, en présence des Voix de l’Unisson qui se fendent pour l’occasion d’un discours très attendu. Les Aqonti en profitent pour prendre des nouvelles d’amis lointains, rencontrer d’autres groupes, acquérir des objets rares… mais également pour se distraire et oublier un temps leurs tracas quotidiens.   S’organisent aussi régulièrement et un peu partout sur la grande plaine des courses de kappu, notamment près des circuits de dams qui en font l’élevage. Il s’agit d’une discipline difficile et les meilleures bêtes se vendent à prix d’or. Quant aux cavaliers les plus adroits, ils attirent l’admiration de leurs pairs et peuvent parfois gagner des prix alléchants.   Une autre activité est très populaire au sein des dams : la chasse. Il est de coutume de prélever un trophée lorsque l’on achève une bête de grande taille. Certains Vigilants peuvent ainsi arborer des colliers de dents au autres talismans d’os gravés. Les collections les plus fournies ou les trophées les plus rares peuvent être à l’origine de l’apostrophe dans le nom de leur propriétaire.
 

Habitat et architecture

Les habitations Aqonti sont construites en terre, celle-là même qu’ils foulent au quotidien. Il leur suffit de tailler des briques de cette boue solide et épaisse puis de les empiler en dômes de taille variable. Les plus massifs auront besoin d’une structure interne, souvent faite en os faute de bois - c’est pourquoi la plupart de ces maisons en dur seront plutôt de taille réduite.   Leur durée de vie est en général de 3 à 5 ans. Lorsqu’elles s’écroulent, tout le dam vient prêter main forte à la famille lésée, et ils n’ont en général besoin que de deux ou trois jours pour en construire une nouvelle. Une fois montés, les murs sont lissés à la main et à la spatule. En séchant, la terre blanchit jusqu’à revêtir un aspect nacré et friable. C’est cette matière qui a donné son nom à la cité blanche d’Alprra.   On accommode ces dômes de tentes et tentures colorées qui permettent de créer des espaces de vie à l’extérieur. On utilise également de grandes toiles de peau de doppogams traitée, car elle est à la fois légère et hermétique - protégeant donc de la pluie.   [Ce chapitre a besoin de recherches graphiques, il s’enrichira de détails une fois celles-ci effectuées]
     

Une fermière en tenue de travail

Les grelots accrochés aux poignets et aux chevilles sont appelés les grésilles : ils produisent un son qui fait fuir les insectes pendant le ramassage du hroli.    

Ces totems en joncs tressés figurant l'emblème Aqonti jalonnent le parcours des dams sur le Llahe. Les voyageurs y accrochent des chiffons et des breloques lorsqu'ils en croisent un sur leur route.    


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