Korg

Préambule

En 482 post déclin une immense tempête de sable et de roche frappa le clan Orc de Madomor, détruisant en l’espace d’une journée l’ensemble de ses habitations. Le clan n’eut alors d’autre choix que de partir chercher refuge toujours plus à l’est, là ou peu avaient encore explorés les étendues arides et sauvages des plaines de Qamah. Fort de plus de 200 guerriers et regroupant un petit millier d’âmes la tribu entreprit donc de trouver de nouvelles terres où elle pourrait tout reconstruire. Le voyage fut long, chaud et pénible. Les vivres commençaient à manquer quand enfin le chef et ses éclaireurs apportèrent la bonne nouvelle. Un Oasis géant, couvert de verdure et pouvant accueillir l’ensemble du clan se trouvait à quelques heures de marche. Mieux, ce dernier abritait des édifices fortifiés qui avaient vraisemblablement été abandonnés. L’installation n’en serait donc que plus rapide.   Les années passèrent et le clan Madomor put vivre à nouveau. L’oasis offrait de l’eau en abondance, la verdure et les forêts verdoyantes grouillaient de gibiers en tout genre et fournissaient les matières nécessaires à une vie prospère. D’autres clans avaient eux aussi fui la tempête pour s’installer aux alentours, la guerre, les raids et le commerce étaient là eux aussi, la vie Orc était comblée.  

Chapitre 1 : L’enfant de Madomor

C’est dans cette ambiance sereine que Korg vit le jour par un matin chaud de l’année 491 p-d. Son père, le chef des Madomor le reçut avec fierté, tandis que le village acclamait l’arrivée d’un héros pour la nouvelle génération. Korg reçut donc une éducation complète et fut très vite initié, à la culture orque ainsi qu’aux arts du combat et de la guerre. Son talent fut vite évident aux yeux de tous, son père avait su faire de lui un guerrier féroce et rusé, et tout indiquait que Korg serait bientôt digne de lui succéder.   Mais alors que Korg grandissait et partageait avec sa génération d’Orcs les bienfaits de l’Oasis des tensions montaient au sein du clan Madomor. La prospérité et les raids avaient décuplé la population, si bien que l’Oasis n’était plus en mesure de contenter tout le monde. La partie sud contenant les habitations fut vite saturée et le clan dut occuper de plus en plus de terrain au nord, en zone boisée et sauvage. Les habitants du nord se sentaient exclus et méprisés tandis que ceux du sud reprochaient à leurs voisins de surpeupler l’Oasis et d’en détruire les ressources.   Un soir alors que les guerriers préparaient un raid pour le lendemain certains furent pris à parti par des résidents du Nord et une querelle éclata. Le nord se soulevait et aucun guerrier ne pouvait l’arrêter. Le père de Korg ordonna à l’ensemble des guerriers encore loyaux de contenir l’insurrection et prit lui-même le commandement du détachement pour essayer de réconcilier l’ensemble du clan. Korg, encore trop jeune fut ordonné de rester à l’abri au sud tout en veillant sur les siens.   Ainsi il ne put voir comment l’incendie à l’ouest se déclara, il put uniquement regarder les flammes grandir et dévorer la forêt. La nuit devenait de plus en plus noire et les flammes faisaient danser les formes d’Orcs s’agitant au loin. Dans ce chaos sombre et flamboyant Korg senti une odeur étrange, douce et envoutante mais emplie de rage et de haine. La fumée de l’incendie s’était rependue sur l’Oasis et la malédiction qui avait autrefois eu raison des anciens habitants refit surface. Les plantes et la végétation luxueuse qui avaient permis à Madomor de prospérer portaient en elles un poison bien caché, et celui-ci venait d’être libéré par les flammes aux quatre coins de l’Oasis. Le poison était teinté d’une ironie lugubre, Korg senti la fumée pénétrer ses poumons, il senti son corps se remplir d’adrénaline et bientôt il n’avait plus qu’une envie : faire couler le sang. Pris dans une folie destructrice Korg se précipita sur son équipement, il tira sa lame et arma son bouclier. S’il pouvait encore percevoir brièvement ce qu’il était en train de faire il n’en avait plus aucun contrôle, et le poison toujours plus fort l’emmena sur un chemin sanglant, où nul ne put se mettre en travers de sa route.   Dans cette nuit terrible les sœurs et les frères se tournèrent l’un contre l’autre, l’Orc enivré d’effluve magique revenait à son état primaire, celui d’une bête assoiffée de sang et de carnage. L’incendie ravagea tout l’Oasis par les flammes, tandis que ses habitants s’entretuaient jusqu’au dernier.   Korg se réveilla tard le lendemain, le soleil était déjà sur le déclin. Son corps entier était en souffrance et portait les marques d’un combat terrifiant. Sa lame était avec lui, elle était couverte de sang Orc encore frai. Il se trouvait au pied de la tour de garde située la plus au nord de la forêt, autour de lui le paysage n’était que chaos, l’incendie n’avait laissé de la forêt que des cendres et des corps brulés. Seul au milieu du carnage Korg parti à la recherche des siens. Sur le chemin les images du massacre refirent surface dans son esprit, les morts se comptaient par dizaines : guerrières, guerriers mais aussi artisans et même enfants avaient tous pris part aux combats, tous avides de sang, et aucun n’avait survécu. Korg fit son chemin au travers des cendres essayant de distinguer son père, sa famille où n’importe quel autre survivant, mais en vain. Les corps brulés n’avaient plus de forme, et plus aucun bruit n’annonçait que la vie était encore présente sur l’Oasis.   Que lui était-il arrivé ? Comment cela avait-il pu se produire ? Quel type de fumée avait pu rendre si folle sa tribu ? Il n’avait aucune réponse. Accablé, à bout de force, et empli d’un sentiment de solitude infini Korg s’écroula au bord d’un petit ruisseau et contempla son destin à présent vide.   Au matin suivant il rassembla ses affaires fit le tour de l’Oasis pour les quelques derniers vivres et équipements qui pouvaient encore servir. Il commença alors son long périple vers l’ouest à la recherche de réponses : Quel était ce poison qui avait causé la fin de son peuple ? D’où venait-il ? Existait-il un antidote ? Plus rien ne le retenait à l’Oasis, et il dut se résigner à le quitter.  

Chapitre 2 : L’Orc vagabond

Les journées de marche s’enchaînèrent toutes plus usantes les unes que les autres, Tantôt arides de jour et glaciales de nuit. Les plaines s’étendaient à perte de vue, et Korg voguait seul à la recherche d’un nouvel abri. C’est lors de ce périple qu’il se fit pour la première fois la réflexion : Tout, autour de lui, semblait plus calme et plus apaisé. Malgré les évènements son cœur semblait avoir trouvé un nouveau rythme plus lent, les sons semblaient plus doux, et l’air moins nocif. Au fond de lui la voie de Gruumsh n’était plus qu’un murmure à peine audible.   C’est au milieu du sixième jour que Korg vit enfin le paysage qu’il traversait changer. D’abord quelques brins de verdure puis petit à petit le relief se fit de plus en plus abrupt et des montagnes se profilèrent à l’horizon. Le climat devint plus frai, à mesure qu’il s’avançait toujours plus vers l’ouest. Ce soir là Korg arriva sur les rives Est du lac Enma. L’Orc, élevé dans l’Oasis n’avait jamais vu une étendue d’eau aussi immense, et décida de passer la nuit sur ses flancs afin d’en apprécier les couleurs, le calme et les bienfaits. Ainsi après des jours de restriction, il put se désaltérer sans compter, et il profita de la clarté de l’eau pour laver ses plaies ainsi que son équipement. Le gibier ne manquait pas et il put facilement se faire un bon repas. Le lendemain Korg pris la décision de longer le lac par le nord, afin de profiter au du soleil et de la verdure sur les rives.   Mais alors que la fin de la journée approchait de sa fin Korg senti un lourd mouvement se rapprocher rapidement derrière lui. Il fut percuté avec une force énorme et s’écrasa au sol en fracas. La chute fut douloureuse et il peina à se relever pour faire fasse à son assaillant. Debout devant lui se tenait un grizzly géant au poil noir. Sa gueule grande ouverte et pleine de bave laissait entrevoir de longues dents jaunes. Dans un mouvement réflexe mille fois exécuté Korg sorti son épée et roula pour s’armer de son bouclier. L’adversaire était de taille mais il était confiant, un Orc ne connait pas la peur. L’animal initia la charge puis griffes en avant percuta l’Orc. Le bouclier crissa en détournant l’attaque, Korg évita la gueule et put alors laisser glisser sa lame sur la patte arrière du grizzly. La riposte fit trop rapide pour qu’il puisse l’anticiper et Korg se retrouva une nouvelle fois à terre quelques mètres plus loin. A peine eut-il retrouvé son équilibre qu’il dut faire face à une nouvelle charge, cette fois il ne prit aucun risque et esquiva d’une roulade judicieuse. Les deux combattants marquèrent alors un temps d’arrêt, chacun jaugeant son adversaire et anticipant ses prochaines attaques. C’est alors que le grizzly commença à gémir, à se recroqueviller sur lui-même et à diminuer de taille. Korg sur ses gardes devant ce changement brutal prit un pas de recul. Les poils se firent plus rares, la gueule géante s’aplatit et les griffes rétrécirent jusqu’à disparaitre totalement.   Après quelques secondes le Grizzly géant avait disparu pour laisser place à une forme humaine. La femme qui se trouvait devant lui était d’un âge avancé mais la vie coulait encore fortement dans ses veines. Une aura mystique se dégageait de son corps, elle semblait rayonner avec la nature autour d’elle. Elle s’adressa alors à Korg, dans une langue Orc bien maitrisée : « Bonjour Jeune Orc, que fait tu ici seul ? ». Korg, surpris, ne sut comment répondre, et se contenta de grogner. Elle continua :« Je t’ai suivi depuis ton arrivée sur le lac, tu n’es pas comme les autres n’est-ce pas ? ». De quels autres parlait-elle ? Comment n’avait-il pu la remarquer durant tout ce temps ? « Que me veux-tu ? » lui retorqua-t-il finalement. « Je m’appelle Samaïneyh, druide de ces lieux et protectrice du Lac Enma. Les orcs sont des êtres destructeurs aussi je m’assure qu’aucun d’entre eux n’arrive jusqu’ici. Cependant tu sembles différent, je ne ressens pas en toi la rage et la cruauté si propres à ton espèce. D’où viens-tu ? ». Korg évoqua rapidement l’incendie et son voyage depuis l’Oasis, il garda pour lui les secrets de la fumée et de la folie destructrice qui avait mis fin à son clan. « Je vois, j’ai déjà entendu parler de cet Oasis. Suis-moi. » conclut-elle. Korg resta quelques secondes abasourdi, les légendes orques présentaient les humains comme violents et sans raison, ce personnage n’avait rien de tout cela. Il hésita à suivre la druidesse de peur de tomber dans un piège. « Tu n’as rien à craindre, je ne te ferai rien. Tu mourras vite cependant si tu continues seul, saches que les Orcs sont abattus à vue sur l’Enma. ». Résigné Korg hocha de la tête, ramassa ses affaires tombées au sol et continua sa route dans les pas de Samaïneyh.   La druidesse prit alors la direction des montagnes et ils quittèrent les abords du lac Enma pour grimper vers le nord sur les flancs des monts de Qamah. Ils n’échangèrent aucun mot, tous deux soucieux de rester alerte à une quelconque tentative d’attaque ou de fuite. Après deux heures de marche environs Korg put distinguer au loin un petit hameau constitué de trois maisons de pierre entourées de jardins soignés plein de plantes et de couleurs. De cette hauteur il pouvait embrasser toute l’étendue du lac et de sa vallée. L’immensité du panorama lui fit marquer un temps d’arrêt, la druidesse se retourna sans rien dire et un léger sourire se dessina sur son visage. Ils continuèrent enfin jusqu’au hameau et firent un arrêt à l’entrée.   « Bienvenu à Enmassayle poste druidique du lac Enma » commença la druidesse en indiquant les habitations. Elle continua : « C’est ici que je vis et surveille la vallée. » L’endroit quoique simple semblait scintiller sous les derniers rayons du soleil couchant. Korg pouvait sentir le calme et la paix qui se dégageait du lieu comme si une magie naturelle enveloppait chaque pierre et chaque brin d’herbe. « Si tu restes ici quelques jours et que tu m’aides pour certains travaux je t’offre l’abri et les repas. » proposa Samaïneyh. N’ayant pas d’autre endroit où se réfugier pour la nuit, Korg accepta la proposition. Il put prendre place dans une des petites bâtisses en pierre et s’installa rapidement sur le lit de paille. Gardant son épée à ses côtés il s’enfonça vite dans un sommeil profond et réparateur, le premier depuis la chute des Madomor.   La druidesse vint le réveiller dès l’aube et lui offrant un panier de baies et une purée riche en sucre. Elle l’accompagna ensuite de l’autre côté du hameau et lui présenta les ruines d’une quatrième maison. « Je n’ai ni la force, ni le temps de m’occuper de ce dernier ouvrage, cependant j’ai besoin d’un endroit pour abriter les animaux malades de la vallée. Avec ton aide nous pouvons y arriver ». Ainsi commença le grand chantier de reconstruction. Korg vaillant et fort déplaçait les pierres et maniait les outils tandis que Samaïneyh esquissait les plans et dirigeait Korg pour aller chercher les ressources nécessaires aux alentours. A mesure que les jours passaient et que les murs de pierres montaient, les échanges entre les deux devinrent de plus en plus fréquents et amicaux. Korg découvrait la race humaine, ses pratiques, son histoire tandis que la druidesse pouvait pour la première fois approcher et observer un Orc sans utiliser la force ou la magie. Korg appris ainsi quelques mots d’humain et petit à petit il se vit confier d’autres travaux simples comme la collecte de nourriture ou l’entretien de matériel. La druidesse quant à elle, put très vite laisser l’Orc travailler seul pour s’occuper de la vallée de ses plantes et ses potions.  

Chapitre 3 : Le mystère de l’Oasis

Après un mois de labeur la charpente était enfin finie et la ruine était à nouveau habitable. La druidesse s’était habituée à la présence de l’Orc et celui-ci avait enfin pris ses marques à Enmassayle. Le soir ils se retrouvèrent autour d’un repas plus copieux afin d’inaugurer le logement. « Merci Korg pour ton aide cela n’aurait jamais été possible sans toi. Je t’avais promis le logement et la nourriture mais tu as fait bien plus que ce que j’espérais ». « Comment pourrais-je te remercier ? » finit-elle dans la langue commune. Korg avait en effet trouvé plus qu’un simple refuge pour la nuit, ce lieu lui avait permis de se retrouver après la perte des siens et le travail avait été une thérapie bénéfique. Il réfléchit un instant puis demanda dans un commun approximatif « Tu m’avais dit, le jour où nous nous sommes rencontrés, que tu connaissais l’Oasis d’où je viens. Je souhaiterais que tu me dises ce que tu en sais réellement ». « Viens » lui dit-elle simplement.   Elle emmena l’Orc dans la bâtisse la plus reculée et la plus large du hameau, là où il n’avait encore jamais eu le droit d’entrer. A l’intérieur se trouvait un immense atelier rempli d’outils, de plantes sèches, de bocaux de fioles ainsi que pleins de restes animaux. Au deuxième étage Korg découvrit un chaos abondant de livres et de recueils, rangés dans les bibliothèques ou ouverts et entassés sur des tables et tabourets. Samaïneyh se fraya un chemin jusqu’ à l’angle de la pièce et après avoir parcouru quelques noms d’ouvrage, en sortit un puis le posa ouvert sur le dernier espace libre de la table centrale. Elle feuilleta délicatement les pages puis s’arrêta enfin « Voici la réponse à ta question » dit-elle en pointant du doigt la page titrée « L’Oasis Sinistre ». La druidesse fit alors la lecture et Korg réalisa l’erreur qu’avait commise son clan lorsque les siens avaient décider de s’installer sur l’Oasis.   Bien avant le déclin, au temps ou Abrasia vivait libre et prospérait une famille de marchands étaient partis chercher fortune dans les contrées éloignées de l’Est des plaines de Qamah. Ils découvrirent en chemin l’Oasis et décidèrent de s’y arrêter pour en faire un avant-poste. Ils continuèrent leur chemin vers l’Est et ses grottes minières mais laissèrent derrière assez de monde pour bâtir un village et attendre leur retour. Ainsi l’Oasis devint le principal point de relais vers l’Est lointain et son économie florissante attira toujours plus de visiteurs et de marchands. L’extrême richesse accumulée à coup de taxe douanière mêlée à l’avidité des hommes transforma cependant la ville en palais des plaisirs, où étaient exhaussés des vœux toujours plus fous. Bientôt la ville attirait les esprits les plus perfides d’Abrasia, venus assouvir leurs désirs les plus noirs en échange d’assez d’argent. Le sang et les cris des corps mutilés étaient devenus parties intégrantes de l’Oasis. Les dieux s’indignèrent devant toute cette horreur si publiquement affichée et décidèrent alors d’intervenir. Une nouvelle fleur fit son apparition sur l’Oasis. Elle prit rapidement racine parmi la végétation et, le moment venu, les dieux firent tomber la foudre pour initier un feu dans la forêt. Comme pour le clan Madamor la fumée qui se dégagea de l’incendie se répandit dans les rues et asphyxia leurs habitants. Le nuage eut raison de la ville qui fut alors abandonnée. Le commerce vers l’Est lointain n’avait plus de point de transit et il prit fin en quelques années. L’Oasis devint un lieu sinistre où personne s’osa s’aventure, et après assez de temps son existence fut oubliée.   A mesure qu’il découvrait l’histoire Korg devenait de plus en plus sombre. Il fut cependant interpelé par le sort des habitants. « Es-tu sure que les habitants sont bien morts asphyxiés ? » demandât-il. « Certaine, de nombreux rapports plus loin font état de corps allongés sans aucune marque de blessure » fit-elle. La question de l’Orc n’était cependant pas anodine et la druidesse put lire facilement qu’il y avait quelque chose de plus à savoir. « Pourquoi poses-tu cette question ? ». Korg hésita à répondre mais sa soif de réponse était trop importante. Avec difficulté et amertume il lui raconta alors la nuit du désastre. Comment il avait vu partir l’incendie, comment la fumée s’était emparée de lui et la scène de chaos qui avait suivi. Le récit terminé, Samaïneyh prit un instant pour réfléchir. Elle se leva, parcouru quelques ouvrages puis revint s’assoir devant l’Orc. « Korg, j’ai compris ton secret » lui dit-elle alors doucement.   Elle commença son explication. « Tous les Orcs naissent sous l’œil de Gruumsh, violents et haineux. Bien sûr ils peuvent fonder des clans et former une famille mais leur sang et leur cœur ont besoin de combat et de cruauté pour apaiser constamment leur esprit belliqueux. Un Orc sans violence devient fou ». Elle marqua alors une pause puis, indiquant la page de l’Oasis, reprit son récit « Le soir de l’incendie, la fumée aurait dû vous asphyxier votre clan et toi, mais il semble donc que la toxine n’a pas les mêmes effets sur toutes les races. Chez les Orcs cette toxine agit comme un catalyseur de votre état primal, elle libère toute votre énergie et vous ramène à ce que vous faite de mieux : Se battre et tuer. ». Elle referma alors le livre et le fixa droit dans ses grands yeux gris. « Si je peux aujourd’hui te parler en paix, et si tu as été capable de vivre avec moi ici c’est aussi à cause de cette plante. La flamme de Gruumsh n’est plus que lueur en toi, non pas parce que tu es faible, mais parce qu’elle a déjà tout consommé… ».   Une fois couché Korg ne put s’empêcher d’écouter son cœur battre pour sentir son rythme doux. Il avait enfin trouvé des réponses, et la plaie béante ouverte par la perte de son clan pouvait alors commencer à se refermer.  

Chapitre 4 : L’hiver à Enmassayle

Il se leva le jour suivant en sentant un vent de fraicheur souffler sur ses fenêtres. Vers midi Samaïneyh revint de sa collecte quotidienne et annonça la nouvelle « L’hiver est là jeune Orc, les animaux se préparent à hiberner, et bientôt il sera presque impossible de sortir de la vallée. Il est encore temps pour toi de partir si tu le souhaites. » dit-elle en montrant les sommets glacés à l’horizon. Korg n’avait jamais vraiment connu le froid à l’Oasis, aussi appréhendait-il l’idée de repartir sur la route au travers de paysages gelés. « Et si je souhaite rester ? » demanda-t-il. « Alors nous trouverons ensemble un moyen de te rendre utile » fit elle en souriant.   Très vite le climat du hameau devint plus frai et en quelques semaines l’herbe fut recouverte d’une épaisse couche de neige. Le paysage se teinta de blanc et il devint alors de plus en plus dur de se déplacer. Korg s’occupait de l’aménagement de l’ancienne ruine, construisant tables, cages et accessoires. Avec l’hiver les activités de cueillette et de protection des animaux devinrent moins prenantes, Samaïneyh passait donc plus de temps à Enmassayle et Korg put parfaire son utilisation du commun. La druidesse profita de cette période calme pour faire découvrir à Korg les premiers rudiments des lois de la nature. Ainsi elle lui enseigna les saisons et la géologie d’Abrasia. Samaïneyh évoqua les animaux, leur rôle dans l’écosystème général ainsi que les bêtes vivantes autours d’eux. Elle lui présenta aussi enfin les quatre éléments et l’équilibre auquel ils étaient soumis. Korg écoutait avec attention et s’émerveillait de découvrir tant de choses nouvelles. Lui qui venait de si loin et d’une culture si différente se sentait petit à petit plus chez lui dans ce nouveau monde auprès de Samaïneyh. Afin de rester prête pour faire face à toute éventualité d’intervention dans la vallée la druidesse proposa à Korg des entrainements réguliers au combat, tantôt sous sa forme humaine tantôt sous sa forme d’ours. Ils continuèrent ainsi tout l’hiver et malgré quelques interventions courtes sur l’Enma la druidesse et l’Orc passèrent un hiver paisible.   Les prémices du printemps arrivèrent enfin, la neige disparue lentement et la vallée se para à nouveau de tons colorés. Le travail de Korg s’achevait et Enmassayle était enfin prêt et restauré pour offrir refuge à la faune du lac et de la vallée. Un soir après une journée bien ensoleillée Samaïneyh vint annoncer à son ami Korg la fin de l’hiver et le début d’un nouveau cycle. « La nature revient à la vie, bientôt les fleurs, les animaux et la vallée auront à nouveau besoin de moi. Mais avant cela le cercle des druides de l’Enma se réunira comme chaque année sur les bords du lac afin de préparer l’arrivée du nouveau printemps. Comme je te l’ai annoncé le jour de notre rencontre les Orcs sont interdits ici, et si tu restes mon cercle apprendra que je t’ai accueilli à Enmassayle et je serai bannie de ces terres. Je n’aurai alors de plus aucun moyen de te protéger de leur haine… » Une grande tristesse pouvait se lire sur son visage mais la druidesse ne tremblait pas en annonçant. « Korg, il est temps pour toi de partir. Tu m’as déjà tant apporté mais je n’ai plus besoin de ton aide. Tu dois maintenant aller trouver ta place dans ce monde. » L’Orc se tut pour écouter une dernière fois le calme du hameau, celui qui lui avait permis d’avancer et de se reconstruire après la perte des siens. Il savait que le jour des adieux devait arriver, et aujourd’hui plus que jamais il se sentait prêt. Prêt à découvrir le monde et à en percer les mystères, prêt à montrer à tous que le clan des Madamor ne devait pas être oublié.   Korg rassembla alors ses affaires et au matin suivant il s’arrêta à la porte de Samaïneyh pour un dernier au revoir. Ils évoquèrent les mois passés ensemble puis après un ultime geste d’adieu la druidesse confia un dernier mot à son jeune ami « Korg, puisses vivre heureux et à l’abri des dangers. Un jour peut être nos chemins se croiseront à nouveau, mais d’ici là n’oublie jamais : La nature est en chacun de nous, et elle viendra en aide à tout ceux qui savent en prendre soin ». Sans bruit Korg salua celle qui lui avait tant appris et prit la route vers l’Ouest en direction de Zhen-damir, là où l’attendaient sans aucun doute de nombreux nouveaux défis.

Ethnicity
Orc
Eyes
Verts foncés
Hair
Noirs, très courts
Skin Tone
Vert pâle
Height
2,02 m
Weight
123 Kg

Comments

Please Login in order to comment!