Enaël

« Une plume délicate peut transcender la puissance brutale de l'épée, car elle trace les contours de la pensée qui guide les néruviens, tandis que l'épée ne fait que marquer le bref instant de la violence. Dans la symphonie de l'histoire, c'est la plume qui compose les mélodies durables, laissant une empreinte indélébile sur les pages du temps, là où l'épée s'efface dans l'oubli des batailles éphémères. »
— Adalaze Esbrian, barde

Enaël est le primordial (éveillé) de l'apprentissage, de la recherche et de la mémoire. Les néruviens qui utilisent ces trois domaines, consciemment ou non, se nouent à lui.

Domaine : apprentissage, recherche, mémoire

Ceux qui s'accomplissent dans l'expérimentation d'une pratique ou qui trouvent leur épanouissement dans le fait de s'instruire se lient à Enaël. Que ce soit des bancs de l'école au terrain de formation militaire, l'apprentissage se base sur la curiosité. Les élèves désirent explorer les vastes domaines du savoir, nourrir leur esprit de connaissances variées et comprendre les subtilités du monde qui les entoure. À l'instar des néruviens qui embrassent pleinement la vie en acceptant leur essence, les chercheurs de l'apprentissage considèrent que la soif d'érudition est une force vitale qui les pousse à agir, à questionner, à analyser et à assimiler.

Le domaine de la recherche trouve son essence dans la persévérance. Ces enquêteurs, tout comme les chasseurs de Wekyr qui apprennent à gérer leur quantité de gibiers, comprennent l'importance de l'équilibre dans leurs investigations. Ils explorent les profondeurs de la connaissance sans compromettre la stabilité de leurs découvertes. Dans la recherche, il est crucial de savoir doser la quête insatiable de nouvelles idées tout en préservant la cohérence et la pertinence des travaux. Les mages sont souvent liés à Enaël par cet élément en particulier.

Enfin, la mémoire pose la question de la transmission. La conservation des évènements passés permettent de se nouer au primordial, que ce soit le bibliothécaire qui accorde de l'intérêt au classement de ses ouvrages ou le barde qui donne une importance majeure à la diffusion d'une histoire orale pour qu'elle ne tombe pas dans les limbes de l'oubli.

Culte d'Enaël

L'apparence d'Enaël est celle d'un homme maigre en toge dont le visage glabre et chauve n'a ni bouche, ni nez, ni œil. Son front est orné d'un diadème dont la pierre centrale revêt la forme d'un troisième œil. Il tient une plume dans sa main droite, la main qui donne, qui dispense le savoir. Dans sa gauche, celle qui prend et qui conserve, il agrippe un livre qui renferme toute la connaissance : le Mnémo-almanach.

Dans les lieux de culte du primordial, les clercs et les dévots sont chargés de trouver des façons de condenser le savoir d'Abrasia pour qu'il tienne le moins de place possible dans le Mnémo-almanach. Avec le temps, ces scribes ont perfectionné une technique d'écriture aux abréviations si complexes que cela devient un langage codé. En effet, les voyelles sont soustraites aux phrases et ne sont conservées que les consonnes, permettant d'abréger une ligne comme « Enaël est le primordial de l'apprentissage, de la recherche et de la mémoire » en « Eël·st·prmrdl·d·pprntssg·rchrch·mmr ».

À l'intérieur de ce culte se trouve un collège composé d'andragogues. Ils sont les fidèles de la foi d'Enaël dont la fonction première est de tirer des enseignements des évènements passés. Agissant en tant qu'acteurs principaux de la liturgie d'Enaël, ils mettent en œuvre la volonté de l'Indicateur suprême et enseignent selon sept préceptes.

Influence en Abrasia

Garant du Savoir en Abrasia, le culte d'Enaël est depuis bien des siècles la référence ultime en terme de conservation de données et d'archives (même avant la mise en place du Cercle des mages). Les arcanistes collaborent étroitement avec les andragogues qui ont, en général, les étagères les plus fournies. Cette liturgie n'a jamais représenté une menace pour quiconque, bien que certaines bibliothèques furent brûlées sous le règne des Oridaï qui souhaitaient conserver secrètes quelques connaissances historiques pour dissimuler des origines politiques douteuses.

L'existence de ce culte est constatée dans divers endroits des plaines de Qamah et dans la forêt de Nadarah, mais peu dans les Steppes Gelées (malgré la présence d'une ruine à Théïa), voir pas du tout dans la Bordure. Le Déclin amène à une obsolescence du savoir au sein de cet ordre, principalement car cela fait depuis bien des décades que les andragogues ne peuvent se déplacer d'un pays à l'autre sans risquer de causer un massacre de masse sur les routes, tant les dangers sont légion. Le Mnémo-almanach ne peut donc être uniformisé avec un partage de connaissances entre primédrales.

Monde primordial

Au-delà du Voile, dans le Plasma Primordial, Enaël possède son propre univers. Un vent de mots y balaye de vastes plaines argentées. Des plumes y poussent, recouvrant le sol. D'immenses étagères flottent dans l'air, en apesanteur, renfermant des volumes éthérés qui incarnent chaque pensée, chaque découverte et chaque bribe d'apprentissage. Des kronoliths volent entre les rayons, portant les idées que les essences qui rejoignent ce monde amènent avec elles.

Le lac des mémoires éternelles recueille le moindre souvenir qui vient ruisseler le long des étendues de plumage. Le néruvien qui accède à cet univers aura peut-être la détermination d'aller jusqu'au mont de l'apprentissage, une proéminence colossale de feuillets qu'il faudra escalader une éternité pour espérer atteindre le sommet blanc, représentant ce qui n'est pas encore révélé. Ce n'est qu'ainsi que l'on peut se rapprocher de l'arbre du savoir ultime qui prend ses racines dans le ciel et dont les feuilles sont des parchemins. Les saranziens (hommes oiseaux armés de longue lance) sont les farouches gardiens de ces connaissances, et n'hésitent pas à aller en Abrasia pour récupérer la science qui aurait été acquise autrement que par l'enseignement ou l'expérience.

Mythologie

Bien des histoires sont prêtées au primordial. Dans la plupart des croyances tribales de l'Ère des Légendes, il est dépeint comme le fils de Neru et d'Ithilvion (même si ces deux divinités sont représentées de manière masculine parmi les néruviens). Selon certains folklores primitifs, Ithilvion aurait accordé à ce primordial l'un de ses mille yeux, le troisième œil du savoir. De son côté, Neru lui aurait offert une racine de la connaissance, donnant naissance à l'arbre aux feuilles de parchemins vierges.

La rationalité et la logique ont, avec le temps, épuré nombre de ces mythes pour une approche plus raisonnée du lien avec ce primordial. Nonobstant, une superstition a persisté parmi les croyants qui étudient dans les bibliothèques voulant qu'Enaël laisse trainer ses livres volants dans les rayons, et que celui ou celle qui en attrapera un aura accès à un savoir d'au-delà du Voile.


Cover image: by Anthony orta with ideogram
Character Portrait image: by Anthony Orta with wonderdraft

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